Agde
Moulin des Évêques

Entre mer et terre

Luc Bouzat, Patrice Carré, Hsia Fei Chang, Valérie du Chéné, Luc Deleu, Marcel Dinahet, Paul-Armand Gette, Delphine Gigoux-Martin, Graham Gussin, Rémy Jacquier, Jochen Lempert, Saverio Lucariello, François Malbreil, Piet Moget, Alicia Paz, Loïc Raguénès, Hugues Reip, Yvan Salomone, Alain Séchas, Sigurdur Arni Sigurdsson

Du 16 juin au 31 août 2016
— Vernissage mercredi 15 juin à 19h

Qu’est-ce que « le bord de mer ? Que propose-t-il qui appartienne à la terre et qui cependant suggère déjà l’ouverture vers l’infini marin ? Comment les êtres vivants y trouvent-ils les bénéfices d’une nature pour ainsi dire double, autant marquée par la solidité terrestre que par la fluidité aquatique ? Mais aussi, qu’est-ce qu’une ville de bord de mer ? Quelles formes les hommes inventent-ils pour habiter cet espace particulier du monde, paradoxalement ouvert sur l’infini et marqué par les limites diverses qui marquent la terre, dans sa relation à cet ailleurs radicalement différent – et parfois hostile – qu’est la mer ?

Ainsi, être et vivre entre mer et terre, c’est prendre conscience de certaines contradictions qui enrichissent notre relation au monde : l’espace sans limite est présent, et pourtant on ne peut que très rarement s’y plonger ou s’y projeter, il s’offre surtout à la jouissance visuelle et mentale ; la nature propose intensément ses éléments mêlés (terre, eau, air et feu solaire), et pourtant, à la rencontre même du terrestre et du marin, elle paraît singulièrement pauvre et vide, comme desséchée ou abandonnée par les êtres vivants ; la circulation sur terre est orientée le long de la frange maritime, et pourtant c’est vers l’intérieur que l’on finit toujours par revenir, comme dans un goulot qui, dans un nouveau renversement de perspective, ouvre bientôt vers d’autres espaces de vie plus « réels » mais… finis !
L’espace « entre mer et terre » propose une méditation riche sur notre négociation permanente entre le fini et l’infini, sur l’équilibre que l’on doit toujours tenir entre le concret et l’idéal, sur le proche et le lointain ; mais aussi sur la dureté du sol sur lequel l’être humain doit bâtir et la douceur de sa « frange » d’eau et de sable, lorsque le corps peut s’abandonner à la pure jouissance imaginaire, voire se replonger dans les mythes de ses origines les plus archaïques.

De plus, il est l’une des occasions les plus intéressantes de réfléchir à ce qu’est une « limite » spatiale : car cette sorte de « vide » qui est entre la terre et la mer n’est pas une réalité si solide que l’on pourrait croire, la société humaine l’occupant certes de ses constructions les plus nombreuses, mais procédant finalement de manière bien arbitraire pour découper l’espace continu du monde et y installer ses repères d’autant plus fragiles qu’ils sont plus voyants.

L’exposition des œuvres du FRAC Languedoc-Roussillon et des Abattoirs-FRAC Midi-Pyrénées donnera l’occasion de penser tous ces riches paradoxes de la vie en bord de mer. Certaines œuvres traiteront de l’espace infini de la mer et des forces qui l’animent, d’autres exploreront les rapports complexes de la mer et de la terre, ce que l’on nomme « la plage », pour y observer ce que les êtres vivants en font, et parmi eux, les très singuliers humains ; d’autres enfin montreront quelles constructions les hommes inventent pour se tenir tantôt face, tantôt dos à la mer, afin de la défier ou de s’en abriter, rêvant de rencontres et d’activités individuelles et collectives, s’abandonnant parfois à la douceur chimérique de départs définitifs.

Emmanuel Latreille
Directeur du FRAC Languedoc-Roussillon, commissaire de l’exposition

Lire la suite Replier

Exposition ouverte tous les jours sauf le dimanche, du 16 juin au 31 août, de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Contact : Direction de la Culture (04 67 94 65 80).

Partager l’​information
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur pinterest
Partager sur tumblr
Partager sur email